Marché locatif de bureaux en IDF – S1 2026 : grande vacance en vue !

En bref : 750 000 m² placés au premier semestre 2026, un T2 (389 000 m²) légèrement meilleur que le pire T2 depuis 2000, une vacance de 30 à 40 % dans certains secteurs de la périphérie et des mesures d’accompagnement qui dépassent 30 % : le marché locatif de bureaux francilien reste sous tension, tandis que le marché de la reconversion se met en place.

Une demande placée qui reste au plus bas

Les derniers chiffres de la demande placée (prises à bail + ventes à utilisateurs) tombent et se ressemblent. Avec 389 000 m² placés au T2, il y a certes un petit mieux par rapport au T2 2025, mais ce dernier étant le pire depuis 2000 (hors 2020, année du Covid), comparaison n’est pas raison… Soit un S1 2026 représentant 750 000 m² commercialisés. Depuis 2000, 14 années ont connu un S1 égal ou supérieur au million de m².

Paris et la périphérie : des situations très contrastées

Dans ce marasme, si Paris conserve la première destination (environ 40 % des transactions), la périphérie domine avec des situations très contrastées. La part de la capitale passe en dessous des 50 %. Quelques transactions supérieures à 10 000 m² troublent ce match. Les volumes étant réduits, une poignée d’opérations peuvent dès lors mettre dans le vert ou le rouge telle ou telle zone.

Vacance : la périphérie en première ligne

La périphérie enregistre les plus hauts taux de vacance : boucle Nord, péri-Défense, couronne Sud, de 30 à 40 %. Même des villes limitrophes de Paris comme Clichy ou Saint-Ouen atteignent la barre des 30 %.

Des immeubles entiers restent vacants : Nanterre (Eureka, ancien siège de Mainpower qui passe désormais en reconversion, 33 000 m² libres depuis 2023), Colombes (Soco : plus de 40 000 m² inoccupés depuis 2024/2025), Noisy-le-Grand, etc.

Loyers : le loyer facial perd la face

Sur le front des loyers, les baisses sont devenues courantes, ringardisant la distinction loyer facial/loyer économique. À plus de 30 % de mesures d’accompagnement, et jusqu’à plus de 40 % dans certains secteurs (boucle Nord), le loyer facial perd la face…

Secteur Loyer (€/m²/HT-HC/an)
Après le périphérique (moyenne) 150 à 350 €
Neuilly, Levallois (ponctuellement) plus de 400 €
Paris (moyenne) 550 €
Paris, bureaux « prime » 900 à 1 200 €

Le 22 rue de Provence vient d’être loué (+ 3 000 m²) sur la base de 900 €/m² environ. Prise à bail de 6 600 m² au 19 rue Vivienne à 1 100 €/m².

Un contexte économique défavorable

Enfin, la remontée du chômage, la destruction d’emplois tertiaires, la défiance des entreprises face aux incertitudes politiques et économiques limitent le placement des surfaces tertiaires. L’Île-de-France demeure la région la plus touchée en matière de défaillances d’entreprises.

8 millions de m² vacants : la reconversion s’organise

Avec 8 millions de m² vacants en IDF (offre immédiate + offre future à 24 mois), le marché de la reconversion se met en place, avec une vacance totale de près de 12 %, 18 % sur le seul parc marchand.